Théâtre Roublot
Le Pilier des Anges

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La création d'une oeuvre lyrique pour enfants, revendiquée comme telle, et non comme comédie musicale, est, en soi, un fait rare. Dans le contexte actuel, très peu favorable à la culture en Angleterre comme en France (1), l'aboutissement d'un tel projet, qui, fatalement, requiert de gros investissements humains et financiers, témoigne, de la part des artistes, d'une grande opiniatreté, et d'un haut niveau de professionalisme.

Portée par deux compagnies très engagées dans le mouvement jeune-public anglais, l'Action transport theatre et le Theatre Hullabaloo, "My mother told me not to stare" ("Maman m'a dit de ne pas regarder"), "opérette délicieusement noire pour les enfants curieux et leurs adultes" vient démontrer, à tous points de vue, la nécessité d'une telle prise de risques.

L'histoire, due à l'auteur australien Finegan Kruckemeyer, raconte la quête, puis la révolte du jeune Bobby Rogers. Bobby vit l'inquiétante existence des enfants d'Upper Crumble, cité qu'on pourrait croire sortie d'un roman de Georges Orwell. La Liste, qui, interminablement, doit être répétée tous les matins, contient tout ce qu'un enfant ne doit jamais faire : "Maman m'a dit de ne pas m'assoir à l'envers dans la baignoire", "Maman m'a dit de ne pas tourner le dos à la mer", "Maman m'a dit de ne pas dormir le jour"... Et les enfants qui ne respectent pas scrupuleusement la Liste disparaissent. Après tant d'autres, c'est ce qui advient à Emily, la petite fille dont Bobby tombe amoureux. Dès lors, Bobby n'aura de cesse de lever le mystère de ces dispartitions.

A juste titre, le spectacle se réclame d'une parenté avec l'univers des films de Tim Burton. Comme le réalisateur de "L'étrage Noël de Monsieur Jack", la scénographie (de Bek Palmer) emprunte largement à l'imagerie victorienne. Très travaillés, costumes, masques, marionnettes donnent une remarquable image d'ensemble, très expressive, et juste assez inquiétante pour ajouter, si besoin était, un peu d'intensité dramatique au propos.

Cinq artistes, à la fois chanteurs et instrumentistes interprêtent l'ensemble des personnages d'une partition (Martyn Harry) à la fois exigente et généreuse vis à vis du public : la musique et le travail de la voix sont, vraiment, mis en avant, dans leur complexité, mais, également, dans la force des émotions qu'ils provoquent, auxquelles le public est pleinement réceptif.

(1): "A guide to UK theatre for young audiences", de Paul Harman, propose une analyse concise de la situation du spectacle jeune-public en Grande Bretagne, et un répertoire des pièces, des théâtres et festivals. "A guide to UK theatre for young audiences, 2009 - 2011", Theatre for Young Audiences / Aurora Metro Press, £7.99 - http://www.aurorametro.com >

Le site du spectacle >
Le site de l'Unicorn Theatre >

Vidéo : présentation du spectacle

 

 

 

Très bien situé dans le centre de Londres, non loin du théâtre du Globe, de la Tate Gallery, et du Tower Bridge, The Unicorn est un théâtre consacré au jeune-public d'une qualité architecturale inconnue en France. Sa conception a fait appel à la participation de "jeunes consultants" venus de l'école primaire voisine, la Tower Primary School (voir la vidéo, en anglais). Il dispose de deux salles de spectacles (100 et 250 à 300 places), totalement équipées, de studios de répétitions et de salles de réunion, d'un foyer-bar largement ouvert sur l'exterieur.

Les origines du théâtre remontent à l'immédiat après guerre, et à une troupe de théâtre itinérant tout public, le Mobile Theatre, dirigée par Caryl Jenner. A partir de 1956 l'une des équipes du Mobile theatre commence à se produire exclusivement pour les enfants, et prend, en 1962, le nom d'Unicorn theatre club for children, basé à l'Art theatre de Londres. En 1973, l'équipe commence à travailler au projet d'un théâtre spécifiquement conçu pour le jeune-public, sur la rive sud de la Tamise. A la suite du refus du Greater London Council, l'équivalent Londonien de la mairie centrale des grandes agglomérations françaises, ce projet est remis à plus tard, jusqu'à la fin des années 90, tandis que l'Unicorn continue son travail, dans des conditions précaires.

En 1999, l'équipe est contrainte de quitter l'Art Theatre, mais, après une nouvelle période d'itinérance, un terrain est trouvé, et le concours architectural est ouvert. L'Art council, qui représente l'Etat anglais en ce qui concerne la politique culturelle nationale attribue 4.5 millions de livres à la construction du bâtiment, qui ouvre ses portes en 2005.

L'Unicorn, aujourd'hui dirigé par Tony Graham, est le principal lieu de production et d'accueil de spectacles vivant jeune-public en Grande Bretagne, et est, également, largement investi dans la formtion et la médiation culturelle. Son financement est principalement assuré par l'Art Council, ainsi que par des entreprises, des fondations et des dons personnels, généralement attribués à des projets spécifiques.

Le site du théâtre Unicorn >

La conception du théâtre à fait l'objet d'un travail entre le cabinet
d'architecture Keith Williams et les élèves de la Tower Bridge
Primary school durant deux ans (Vidéo en anglais)

Unicorn Young Consultants from Unicorn Theatre on Vimeo.