Les ateliers de l’imagination : bilan et perspectives
Un travail mené à Villiers-le-Bel par la compagnie Acta

Les comédiens du spectacle sous la table, Anne Cammas et Thierry Gary ont apporté leur témoignage sur le déroulement des ateliers de l’imagination lors des rencontres européennes. Quelques jours plus tard, un bilan a été fait avec les principaux partenaires concernées : les assistantes maternelles.

« On a commencé, faut continuer ! »
A l’heure du bilan, avec les assistantes maternelles au relais Am Stram Gram, le jeudi 8 avril

Les poussettes se pressent les unes derrière les autres. Elles sont toutes là. Pas une femme ne manque au rendez-vous. Après le moment des salutations chaleureuses, c’est l’heure du bilan. « C’est l’occasion pour chacune d’exprimer ses désirs comme ses critiques, annonce Anne car les ateliers vont continuer l’année prochaine. Il faut réfléchir ensemble à leur future forme. » Agnès à son tour informe qu’elle souhaite continuer à récolter et à enregistrer les histoires familiales, les histoires d’enfance pour mieux connaître les histoires d’origines. Elle veut ensuite regrouper sur un CD les histoires de tous les quartiers de Villiers le Bel. Agnès insiste sur le fait que pour elle la langue n’est ni un problème ni une barrière puisque les langues d’origines sont très belles.

Le bilan peut commencer. ..

Maria : « J’ai adoré, c’est un bon moment ne serait-ce que pour se retrouver ensemble, je veux venir pour participer tout le temps ! Aujourd’hui quand je croise une autre assistante maternelle dans la rue on se salue alors qu’avant on ne se regardait même pas ! »

Au sujet de l’exercice du cadavre exquis, une autre femme explique « Parfois c’est dur de continuer l’histoire de quelqu’un d’autre parce que chacune a son idée. Avec les enfants on commence et on finit, ça sort mieux. ».
« Oui mais à travers la difficulté, on explore les pouvoirs de son imagination et cela maintient en éveil », répond Thierry. « Et comment avez-vous vécu le fait que les deux comédiens imposent un objet censé être le leur pour vous entraîner à chaque fois ailleurs, vers quelque chose qui ne vous appartient pas, questionne Agnès. Toutes disent toutes que c’était bien car « chacune » est rentrée dans une histoire même si Fatima avoue que ce n’était pas si facile de s’adapter à un objet qui ne représente rien pour elles.

A la question : « Est-ce que cela vous donne envie de raconter des histoires aux enfants ? », la réponse ne se fait pas attendre : « pas plus », « franchement ? Non ». Certaines disent qu’elles en racontaient déjà beaucoup, d’autres avouent s’inspirer plus facilement des livres. Agnès poursuit en demandant si cela leur a donné envie d’imaginer, d’inventer des histoires ? Là encore les réponses sont négatives. Pourtant, une femme explique que cela lui permet quand même de réfléchir : «Quand je raconte une histoire à ma fille maintenant, si je vois que ça ne lui plait pas je change. ». Christiane, elle se sert du livre « ça m’aide pour le début de l’histoire et puis après mon imagination prend le relais ». Josiane nous dit que c’est la petite qui invente sa propre histoire à partir des images du livre.

José a fait une petite expérience en tant que bénévole dans une association. En remplaçant une animatrice, elle a dû improviser une activité auprès des enfants. Elle a commencé à raconter une histoire et, au fur et à mesure, les enfants se sont pris au jeu et tout le monde a participé à l’invention de l’histoire. Elle a été étonnée du résultat ! Mais comme le dit Fatima, l’avantage que toutes les participantes tirent de l’atelier reste avant tout un plaisir et un désir personnel.

Et la suite ? Agnès demande aux assistantes maternelles comment elles imaginent l’avenir de ces rencontres. La réponse est presque unanime. Elles désirent toutes que les enfants soient à nouveau présents car « c’est pour les enfants, ce n’est pas que pour nous ». En effet la première année, l’atelier se déroulait dans la pièce où étaient les enfants qui réagissaient directement aux histoires et à ce qui se passait.

Anne et Thierry commencent à rêver... « On pourrait terminer les séances sur une histoire racontée avec le corps par un conteur et illustrée tour à tour par chacune des femmes devant tous les enfants. Une forme de mini-spectacle un peu improvisé. » Cette ébauche de proposition semble ravir les assistantes maternelles.
« Le problème des ateliers, c’est le manque de place : ça fait beaucoup de monde et forcément beaucoup de bruit. Il va falloir qu’on réfléchisse à une organisation en fonction des moyens et du temps dont on dispose » précise Agnès qui en profite au passage pour aborder le problème de la concentration et de la disponibilité des femmes pendant les ateliers. Déterminées, elles répondent qu’elles préfèrent clairement que les bambins soient près d’elles pour quelles n’aient pas le sentiment de se diviser, « Quand on les sait dans la pièce d’à côté, on ne peut pas s’empêcher d’être avec eux. C’est instinctif. ». Agnès souhaiterait enfin qu’un lien soit fait avec les parents et particulièrement avec les pères. Les assistantes maternelles vont essayer de leurs en parler pour trouver des volontaires qui accepteraient de participer au CD.

Le bilan se conclut sur plusieurs interrogations : comment faire pour organiser ces rencontres dans un espace si petit ? Quelles formes prendra l’atelier ? Une seule certitude, celle de Fatima « On a commencé on continue ! Moi je vais jusqu’au bout ! ».

Sabine Revert